En 1971 : André Beaudry - Marié au stock-car.

 

Le stock-car, un monde sans femmes où les hommes puisent dans leur égoisme les énergies pour fonctionner. Tout le jour, une partie de la nuit, des semaines, des mois, même sans arrêts. Ils en vivent et en crèvent l'été, en rêvant l'hiver.

 

Rien d'étranger à tout ce qui bouge, animé par un engin.

 

Dans la région métropolitaine, André Beaudry, 40 ans, marié et père de 3 anfants, règne de façon incontestée. Tout en s'assurant des revenus considérables, il apporte au stock-car québécois une qualité, un standard longtemps espérés.

 

À la veille des "Molson 300 et 400", épreuves qui était autrefois vu comme le plus grand mic-mac du sport automobile, Beaudry  nous parle de sa femme, de ses enfants, de son ancien métier d'ambulancier et de ses rêves devanant réalité.

 

C'est sans gêne qu'il déclare avoir quitté l'école en 4e année.

 

Parce qu'aujourd'hui, il est propriétaire de quelques compagnies, possède une maison de $95,000 à Ville de Laval, a élevé une famille, n'est plus obligé de se battre pour rester debout et surtout parce qu'il trouve reconnaissance de son travail chex des gens qui, hier ignoraient même sa présence dans le sport automobile.

 

Le circuit des Deux-Montagnes, nettoyé et redressé par Beaudry, recevra bientôt la sanction de la fédération canadienne du sport automobile et la brassrie Molson, dans un geste sans précédent, lui a confié une somme de plus de $12,000 pour l'organisation de ses 2 épreuves principales de la saison de stock-car.

 

C'est plus qu'elle n'en consacre pour une course en circuit routier où encore pour un programme d'accélération.

 

 

Des taxis mod.

 

André Beaudry est entré dans sa vie d'homme en transportant des caisses de liqueurs douces pour Pepsi Cola. Pendant sept ans.

 

Puis, il a été débardeur au port de Montréal avant d'entrer chez les pompiers. Le taxi lui a semblé un travail moins épuisant et il s'y est lancé de tout coeur. Il possède aujourd'hui en plus de sa station service ( son commerce principal ) une flotte de 10 voitures aux couleurs jaune et noir, dans le plus pur style New Yorkais.

 

Le taxi est le plus dûr des commerces, mais celui qui m'a fait perdre le plus d'argent, ce sont les ambulances. Comment voulez-vous poursuivre un pauvre diable sans le sou pour une somme de $25. J'avais deux ambulances, je les ai vendues à pertes".

 

 

Cinq ans dans le stock-car.

 

Pourtant, André Beaudry reconnait qu'il s'est habitué tôt à une vie dure. Les premières années de stock-car offrent un palmarès peu reluisant de bagarres et d'accidents de toutes sortes. Il possédait alors une voiture qu'il confiait respectivement à Gilles Brochu et Paul Hamel.

 

"J'avais déjà trop de responsabilités pour conduire moi-même. Mais j'ai toujours suivi les gars. Je me rends partout où il y a des courses. L'année dernière, j'ai parcouru 75,000 milles en voiture et me suis rendu trois fois en Virginie pour assister à un programme remis à deux reprises".

 

"Mon expérience, je l'ai acquise en regardant de près ce qui se fait ailleurs. Une expérience de quinze années et de sept ans à titre de promoteur aux pistes de Saint-Paul L'Ermite, Riverside et Deux-Montagnes.

 

Bien souvent, les conducteurs eux-mêmes ne se doutent pas du temps consacré à la préparation d'un programme. L'été, je ne passe pas une journée chez moi.

 

Pour le Molson 300, je travaille de 18 à 20 heures par jour, et j'ai perdu, jusqu'à maintenant 35 livres.

 

"Heureusement, je peux compter sur un homme plus que fiable en Jean Lecavalier ainsi que sur l'aide de Molson. Mais l'année dernière, j'étais seul.

 

Je veux apporter au Québec un standard de stock-car comparable à celui des Etats-Unis.

 

La bourse de $15,000 que j'offrirai au Molson 300 n'a jamais été approché. NASCAR des Etats-Unis a même remis un de ses programmes pour permettre aux conducteurs de faire de l'argent.

 

À Québec, ils en ont fait de même; ce qui permettra à Camil Paquin de venir défendre son titre. Ils seront près de 60 aux qualifications de samedi. Nous n'avons certainement jamais vu celà au Québec".

 

 

Finies les batailles.

 

Paradoxalement à la montée en popularité du stock-car, on est loin d'arriver à une planification idéale.

 

"Grâce à NASCAR-USA et à l'Association Québécoise, nous avons plus de difficultés avec les pilotes, de dire Beaudry.

 

Finies les batailles au milieu de la piste. Il demeure par contre difficile de s'entendre entre promoteur. Trop de programmes coincident aux mêmes dates. La seule solution serait un système de rotation entre Montréal, Québec, Trois-Rivières, Sanair.etc...Il serait aussi grandement temps que les manufacturiers s'intéressent un peu plus à nos réalisations.

 

Sans elles, le temps sera long avant d'avoir de meilleures voitures".

 

 

85,000 personnes au Riverside.

 

Malgré ces handicaps sérieux, André Beaudry peut se vanter d'avoir développer davantage le goût du stock-car chez nous. Au début de la présente saison, il a retroussé ses manches pour oeuvrer à deux pistes pratiquement abandonnées.

 

La température clémente à favorisé son commerce. En 21 programmes au Riverside de Duvernay, il a reçu près de 85,000 personnes.

 

Aux Deux-Montagnes les spectacles d'accrobaties, de démolition, etc...ont attiré plus de 60,000 amateurs.

 

La course Pennzoil 200, organisée il y a quinze jours, a battu tous les records d'assistance au Québec, avec un chiffre de 7,200 billets vendus.

 

 

L'appui de son épouse.

 

Qu'on se le dise, le stock-car est devenu au Québec la seule aventure rentable dans le sport automobile bien avant l'accélération. Il lui reste à épauler sa popularité d'une qualité qui lui fait encore défaut. Et déjà Beaudry tire des plans pour la saison 1972. Il verrait d’un bon oeil une association avec NASCAR-USA, de façon à pouvoir offrir un plus grand nombre de voitures sur la ligne de départ.

 

Donc, l'homme-machine n'est pas prêt de s'arrêter. Ce qui signifie plusieurs journées de 20 heures et de nombreuses semaines estivales loin du foyer.

 

"Ma femme n'aime pas le stock-car, n'est jamais venue à une course parce qu'il m'éloigne constamment de chez moi. Mais elle me conserve sa confiance. Je dois dire que sans Jeannine, je n'aurais rien réussi. Je lui dois beaucoup".

 

Mais si madame Beaudry ne veut rien entendre du stock-car, les trois fils, Normand (19 ans), Clément (15 ans) et Jean (13 ans) s'apprëtent à suivre les traces de leur père qui leur confie des tâches. Une tradition va naître.

 

 

Un choix à faire pour l'an prochain.

 

A mon avis, les pilotes devraient faire un choix définitif en optant pour les "Modifiés" ou encore pour les "Dernier Modèles". Je ne crois pas au compromis entre les 2, car une "Camaro" devrait rester telle quelle, du moins, en apparence.

 

Le coupé offre peu d'avantage, car, il n'est accepté qu'à Québec et dans le Nord des Etats-Unis. Or, peu de Québécois peuvent se permettre un voyage outre-frontière vu la grande distance.

 

D'autre part un coupé compétitif coûte extrêmement cher et les adversaires sont de taille au USA.

 

Le "Late Model" est beaucoup plus populaire au Québec et dans le Vermont avec le nombre accru de piste; Sanair, Riverside, Deux-Montagnes et Mont-Carmel, présentent de telles courses.

 

J'admets que le vrai connaisseur préfère le coupé au modèle récent car son allure est vraiment "course". Par contre, le grand public aime voir en piste une voiture qu'il connait et s'identifier avec le pilote.

 

Une enquête personnelle m'a permie de conclure que 75% de la foule à un championnat appartient au groupe des non- connaisseurs.

 

Les "coupés" décourageront peut-être les nouveaux venus qui oeuvrent au volant d'un "dernier modèle".

 

Pourtant le stock-car a besoin de sang nouveau pour sa survivance.

 

Ce texte provient d’un journal mais le nom est indisponible.

 

Source : Envoyé par Christian ‘Ti-Gaz’ Genest