2001 - Steeve Poulin.

 

PARI GAGNÉ

Steeve Poulin s'est payé son rêve en lavant la vaisselle.

 

Steeve Poulin était toujours en âge de rêver à son avenir quand il a décidé de réliser ses ambitions. Passionné de course automobile, il s'était fixé comme objectif de faire ses débuts en piste à l'âge de 16 ans. Il a donc pris les moyens pour y parvenir et gagner son pari.

 

"Comme j'avais besoin d'argent pour me payer une voiture, j’ai pris un travail de laveur de vaisselle le midi à la polyvalente Veilleux de Saint-Joseph, a indiqué le coureur de Vallée-Jonction, aujourd'hui âgé de 18 ans. Ce boulot, je l'ai fait pendant toutes mes années du secondaire.

 

"Il y a bien du monde qui me disait que ca devait être dull de travailler comme ca à chaque jour. Mais quand je leur demandais ce qu'ils faisaient le midi et qu'ils répondaient rien, je leur disais que moi, j'avais une activité qui me permettais de toucher un salaire".

 

Travaillant à temps partiel pendant l'année scolaire, Poulin n'allait pas rater l'occasion de bosser à temps plein pendant les mois de vacances. Il a donc convaincu son oncle Clément de l'engager dans son garage. Un emploi qui lui permettait de faire d'une pierre deux coups. En plus de mériter un précieux salaire, le jeune homme pouvait aussi s'initier à la mécanique automobile, un prérequis pour toute personne désirant faire du stock-car.

 

"C'est ainsi que j’ai pu ramasser l'argent nécessaire à l'achat de ma première voiture de course. Tout l'argent que je gagnais était déposé directement dans un compte de banque. Et comme celui-ci était gelé, je ne pouvais pas effectuer de retraits afin de faire des folies".

 

SOUHAIT RÉALISÉ

 

Comme il l'avait souhaité, c'est à l'âge de 16 ans que Poulin a pris part à sa première course. Une épreuve de 150 tours réservées aux  "minounes". Enchanté par son expérience, il a ensuite travaillé à péparer son entrée officielle en piste, qui s'est faite la saison dernière. Parallèlement, il a complété son diplôme d'études profesionnelles en mécanique automobile, ce qui fait de lui un mécanicien certifié.

 

"Je ne me suis pas dirigé en mécanique à cause de la course automobile. Je l'ai fait parce que ce métier me passionnait. Il faut dire que j'ai eu très tôt la chance de jouer dans les autos. Et rapidement, j'ai aimé ca. Aujourd'hui, mon métier me sert bien dans ma carrière.

 

"Mes chums me trouvent pas mal chanceux. Ils viennent régulièrement me voir courir et ils me disent qu'ils aimeraient être à ma place. C'est vrai que ce ne sont pas tous les jeunes de mon âge qui ont les moyens et les connaissances pour faire de la course automobile.

 

"Et maintenant que j'ai pu me monter une bonne voiture, j'y ai travaillé tout l'hiver en compagnie de ma blonde et de mon cousin, ca ne me coûte pas trop cher pour l'entretenir. Mon oncle me fourni gratuitement les pièces et c'est moi-même qui les intalle".

 

Poulin a toujours su qu'il se retrouverait un jour en piste. Initié à la course automobile par deux de ses oncles coureurs alors qu'il était un jeune enfant, il a eu le coup de foudre pour ce sport. Fidèle témoin de leurs expoits, il n'aurait pas manqué un programme pour tout l'or du monde.

 

"Je serais allé aux courses quatre et même cinq fois par semaine si ca avait été possible. Mes oncles le savaient. A chaque fois qu'ils couraient, ils m'emmenaient avec eux. Et ils payaient mon entrée. S'ils ne l'avaient pas fait, c'est certain que je n'aurais pas pu assister à toutes leurs courses".

 

RECRUE DE L'ANNÉE

 

Même s'il possédait une expérience limitée en piste, Poulin s'est imposé dès sa première saison à l'Autodrome Chaudière de Vallée-Jonction. Troisième au classement final de la classe amateur derrière Jimmy Nadeau et Tony Côté, il a mérité le titre de recrue de l'année. "Je n'avais pas le choix de rentrer fort étant donné les succès en piste de mes oncles. En quelque part, j'avais même un peu de pression. Je devais faire honneur à la famille".

 

A sa deuxième saison en piste, Poulin continue à progresser. Il occupe actuellement le second rang du classement de la classe amateur de l'Autodrome Chaudière, dont la tête est occupé par Côté. "Tony a une bonne avance et ca va être dur de le dépasser au classement. Mais comme nous n'en sommes qu'à la mi-saison, je me dis que rien n’est gagné ou perdu. Et même si je devais me contenter de la deuxième place au classement final, j'aurai la satisfaction d'avoir réalisé l'objectif que je m'étais fixé en début d'année, soit finir parmi les deux premiers".

 

Poulin aime beaucoup courir sur la terre battue. Et ce qu'il raffole avant tout, c'est le plaisir que lui procure le contrôle de ses dérapages dans les courbes. Il ne rejette cependant pas l'idée de courir un jour sur l'asphalte en LMS. Il suivrait alors les traces de son oncle Jean.

 

"Mon plus grand rêve serait de compétitionner un jour en NASCAR. Mais à cause des coûts, c'est quelque chose que je ne pourrai jamais faire. J'ai donc des ambitions plus modestes, ce qui ne m'empêche pas d'être heureux".

 

Par: Jean Francois Tardif

         Le Soleil.

 

Source : Christian ‘Ti-Gaz’ Genest

                Provenant d’un journal