2001 - Junior Collard.

 

L'EXCEPTION A LA REGLE.

 

Collard a assisté à sa première course à l'âge ...de deux semaines !

 

Junior Collard est probablement l'exception qui confirme la règle. Alors que la grande majorité des pilotes font leurs classes dans les catégories inférieures avant de "graduer" dans une série majeure, lui a fait ses débuts aux côtés des plus expériementés et des meilleurs.

 

"C'était à Chicoutimi il y a quatre ans, dans une épreuve de la série LMS, a expliqué Collard. Je n'avais alors jamais piloté de voiture de course. Et je ne savais pas du tout à quoi m'attendre lorsque je me suis retrouvé en piste. Pendant l'entrainement, les autres coureurs ne roulaient pas trop vite. J'ai donc eu beaucoup de plaisir. Mais ce fut une toute autre histoire pendant la course. J'avais peur de frapper le mûr et de me faire mal.

 

"Malgré tout, j'ai fini mes 100 tours et, grâce à quelques abandons, j'ai pris la neuvième place. Je peux dire aujourd'hui que malgré mon manque d'expérience, je n'étais pas parmi les pires pilotes en piste".

 

C'était écrit quelque part dans le ciel que Collard ferait un jour de la course automobile. Fils de passionnés de sports motorisés, il a assisté à son premier programme de courses automobiles à l'âge de...deux semaines ! Ses parents l'avaient emmené à la piste de Milton où ils étaient allés encourager leur grand ami et voisin Jean-Paul Cabana.

 

Déménagé à Saint-Isidore, Collard a ensuite connu Normand Gervais, un autre coureur automobile qui lui a transmis sa passion. Imprégné de cette culture automobile, il a cependant mis plusieurs années avant de se décider à tenter sa chance derrière un volant. Il avait alors 24 ans.

 

"A mon arrivée dans la région de Québec, j'étais un peu éloigné de la course automobile. Je continuais à assister à des programmes, mais mon intéret était plus ou moins grand, car il n'y avait pas beaucoup de voitures en compétition. C'est l'aménagement de pistes asphaltées à Montmagny et Chicoutimi qui m'a redonné la piqûre pour le stock-car".

 

Bien décidé à vivre pleinement sa passion retrouvée, Collard-appuyé par tout son entourage-s'est mis à la recherche d'une voiture. C'est sa mère qui lui a acheté son premier stock-car. Et son père s'est chargé de lui dénicher des commanditaire.

 

"A une exception près, il n'y a personne qui m'a dit quoi que ce soit à propos de ma décision de faire mes débuts dans la série LMS. Et le seul commentaire est venu de quelqu'un qui m'a demandé si je n'aurais pas été mieux de commencer à courir dans les classes inférieures".

 

DES HAUTS ET DES BAS.

 

Depuis ses débuts, Collard a connu des hauts et des bas. A un certain moment, les malchances se sont tellement succédé qu'il a décidé, au début de la saison 2000, de toquer son numéro 37 pour le 05 que portais jadis Michel Gervais. Nullement exorcisée, la guigne a continué à s'acharner. Le pilote de Val-Bélair a été victime d'un grave accident. Il s'en est tiré avec une dislocation de l'épaule, mais sa voiture a été déclarée perte totale.

 

"Même si certaines personnes, comme ma femme, auraient aimé que je renonce à ma carrière, je n'ai jamais songé à arrêter. Deux semaines après mon accident, je m'achetais une nouvelle voiture et je commancais à la préparer pour la saison 2001.

 

"Je ne sais vraiment pas pourquoi la course automobile me passionne à ce point. Je pense que c'est uniquement l'envie de faire toujours mieux et d'aller toujours plus haut. Un de mes plus grands objectifs est d'ailleurs de figurer course après course parmi les cinq premiers et de me battre avec les meilleurs pour la victoire. Et je crois que le jour ou je réussirai cet exploit, je mettrai un terme à ma carrière de coureur".

 

La retraite, déjà? Eh oui, Collard y songe régulièrement. Toujours aussi mordu, il doit cependant composer avec un problème majeur et récurrent. Le manque de coéquipiers. Malgré tous les S.O.S. lancés à ses amis et dans son entourage, il doit se débrouiller seul.

 

En début de saison, il croyait bien que  l'arrivée de Jean-Paul Cabana à ses côtés- il pilote la seconde voiture de Collard- lui permettrait de recruter des gens susceptibles de l'aider bénévolement. Mais il n'en fut rien.

 

"Pas besoin d'avoir de grandes connaisances en mécanique pour faire partie d'une équipe. Bien des tâches (prendre la pression des pneus, faire des retouches sur la carrosserie, laver la voiture...) n'en demandent d'ailleurs aucune. Les gens que je recherche ont de l'initiative et ils sont intéressés à travailler et à apprendre. Ils doivent être prêts à investir une ou deux soirées par

semaine, de mème leurs fin de semaine. Mais avant tout, ils doivent être des amateurs de course automobile.

 

"C'est certain que comme tous les pilotes de la Série Suprême ADL Tobacco je rêve de courir dans des classes supérieures comme le fait Donald Theetge. Mais compte tenu de ma situation actuelle, c'est un rêve impossible. Semaine après semaine, j'ai de la difficulté à bien préparer ma voiture pour mes courses".

 

Par:  Jean Francois Tardif

          Journal Le Soleil.

 

Source : Christian ‘Ti-Gaz’ Genest