2001 - Jean Paul Cabana

 

FINI LA COMPÉTITION POUR JEAN-PAUL CABANA

 

Même si la passion d'être en piste est toujours là, Jean-Paul Cabana a décidé de prendre une retaite bien méritée. Et bien malin celui qui pourra le faire changer d'idée.

 

"Je ne dis pas que je n'appeptarai pas de prendre le volant en certaines occasions, indiqué le vétéran coureur. Mais si je le fais, ce sera uniquement pour avoir du plaisir. La compétition, c'est fini pour moi".

 

Sorti de sa retraite le printemps dernier par les promoteurs de la série Supreme ADL Tobacco, Cabana a vécu une saison d'enfer. Il a d'abord du retarder son retour de quelques semaines parce que la voiture qu'on devait lui confier n'étais pas prête. Il a même dû se taper quelques allers-retours entre la région montréalaise et la Vieille Capitale afin de lui-même travailler sur son véhicule.

 

Il a déchanté de nouveau quand le grand jour de sa première courseest arrivé. Il lui a été impossible de rivaliser avec les meilleurs coureurs, une situation qu'il ne peut tout simplement pas accepter. Miné par le stress, il y a laissé une partie de sa santé.

 

"Mon retour a été une erreur. Je n'avais pas d'affaire à revenir en piste. Quand j'avais accepté de le faire, on m'avais garanti que j'aurais une voiture compétitive. Après 40 ans de carrière, je n'avais pas le goût de rouler en arrière de tout le monde et de faire de la figuration. J'ai toujours été un gagnant. Et c'est dans cet esprit que je désirais courir cet été.

 

Je voulais batailler avec les meilleurs et je n'avais pas l'intention de faire de cadeau à personne. "Moi qui revenais courir pour avoir du plaisir je ne m'amusais pas du tout. J'était même pas mal sur les nerfs".

 

C'est lors du programme de la cinquième tranche de la série Supreme ADL Tobacco que Cabana a reçu le premier signal à l'effet que le stress qu'il vivait nuisait sérieusement à sa santé. Se croyant aux prises avec des problèmes digestifs, des ennuis qu'il avait eus à répétition au cours de sa carrière, le vétéran ne s'est pas vraiment inquiété. Une semaine plus tard, le 9 juillet, il était hospitalisé d'urgence. Diagnostic; un infarctus. Souffrant d'angine de poitrine, il a subi il y a quelques jours une angloplastie.

 

PLAISIR RETROUVÉ

 

Même s'il a renoncé à la compétition, Cabana restera quand même associé au monde de la course automobile. Propriétaire d'une école de pilotage, il s'est donné comme mission d'enseigner aux jeunes les rudiments de la conduite en piste et de les aider à faire de la compétition.

 

"J'aime travailler avec les jeunes. Je possède maintenant deux voitures de course à deux sièges. Je peux donc accompagner mes éléves. Et j'ai un plaisir fou à voir leurs réactions lorsque nous sommes en piste. Ce que j'essaie de faire, c'est de redonner aux autres une partie de ce que j'ai recu".

 

En plus d'enseigner, Cabana donne aussi la chance aux communs des mortels de vivre la course automobile. Régulièrement, il accueille à bord d'un de ses bolides des amateurs dont le rêve est de vivre la sensation d'être dans une voiture atteignant des vitesses frôlant 100 milles à l'heure sur un ovale.

 

"J'ai roulé 50 tours à Sanair avec un homme qui, au départ, ne devait en faire qu'une dizaine. En débarquant, il m'a dit qu'il avait vécu la plus grande sensation de sa vie. Même chose pour une femme d'un certain âge qui n'arrêtait pas de crier tellement elle était excitée. L'année prochaine, je me doterai de casques dotés d'un système radio. Je pourrai ainsi parler avec les passagers plutôt que de communiquer avec eux par signes".

 

Comblé en piste, Cabana l'est tout autant à l'extérieur. Maintenant associé avec l'Autodrome de Granby, il a la  mission à chaque programme de s'occuper des champions. Et grâce à son initiative, ce sont non seulement les pilotes qui sont reçus en grande pompe, mais aussi leur famille.

 

"Un geste que les femmes des coureurs apprécient beaucoup. Car traditionnelement, seuls les pilotes avaient droit aux honneurs, et ce, même si sans l'implication et les sacrifices de leur conjointe, plusieurs n'auraient pu courir".

 

Par:Jean Francois Tardif

        Le Soleil.

 

Source : Christian ‘Ti-Gaz’ Genest