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1976 - Jean-Paul Cabana: un vétéran à surveiller ! Le pilote québécois de stock-car Jean-Paul Cabana vient tout juste de
terminer la construction et la mise au point de sa nouvelle voiture, une
Chevrolet Nova pour le moins agressive ! L'on se souviendra que Cabana avait annoncé officiellement à la presse
la participation d'un nouveau commanditaire, soit les Ets Supra de Québec et
avait entrepris, d'emblée, la construction d'une nouvelle voiture, laquelle
se promettait d'être des plus compétitive. Sur l'invitation de Yvon Larrivée, son Gérant de Relations Publiques,
je me suis rendu à Beloeil, et plus précisément aux ateliers des Entreprises
Jean-Paul Cabana Ltée. Voici donc les
termes de mon entretient avec Jean- Paul. Pourrais-tu, Jean-Paul, nous parler de ta nouvelle voiture et
sera-t-elle prête pour la première épreuve de stock-car au Québec, soit le
Molson 200 ? JPC: Comme tu as pu le voir tout à l'heure, la voiture vient tout
juste d'être terminée, et nous devons l'essayer, pour la première fois la
semaine prochaine à Milton dans le Vermont. Étant donné que toutes les pièces
sont neuves, il y aura certainement des ajustements à faire avant cette
première épreuve, mais étant donné que le moteur a été monté aux États-Unis
par des experts et que plusieurs coureurs américains disposent déjà d'une
mécanique identique, je ne vois pas pourquoi nous ne serions pas prêts pour
le Molson 200. En ce qui concerne la puissance proprement dite de ce moteur à quoi
peut-on s'attendre ? JPC: Cette semaine nous avons testé le moteur sur un dynamomètre, et
la puissance annoncée par cet instrument est de 510 cv. C'est de toute façon
le moteur le plus puissant que j'ai eu jusqu'à ce jour, et de ce fait je
considère que mes chances pour cette saison sont très bonnes, sinon
excellentes. Les amateurs de cette discipline devraient donc assister à la
meilleure saison de stock-car de Jean-Paul Cabana ? JPC: Je le crois, car non seulement je vais courir sur une machine construite
de mes mains et donc que je connais bien, mais également je compte beaucoup
sur le système de freinage. J'ai fait venir quatre freins à disque
d'Angleterre, et je sais qu'ils sont les meilleurs. Avec le meilleur moteur
et les meilleurs freins je pense que j'ai mis beaucoup de chances de mon
côté, sinon toutes. Parmi les concurrents que tu auras à affronter cette saison, y en
a-t-il qui disposent d'une voiture identique à la tienne ? JPC: Aux États-Unis, Langis Caron dispose d'une voiture semblable à la
mienne. Steve Poulin a fait fabriquer sa suspension à la même place que moi
(U.S.A.) et dans l'ensemble une dizaine de compétiteurs disposeront de
voitures flambant neuves. Cela devrait donner un excellent spectacle au point
de vue de la compétition et je crois qu'en ce qui concerne le stock-car,
l'année 1976 sera certainement l'une des meilleure que j'ai connue. Nous avons tous les yeux dirigés vers le Molson 200, la première
épreuve de la saison. En ce qui concerne cette première, pourrais-tu nous
dire quels seraient à ton avis, les pilotes à surveiller de très près ? JPC: Tout le monde a entendu parler des frères Dragon et personne ne
peut savoir à l'avance quelle seront leurs intentions. Ils ont une excellente
équipe et connaissent très bien la piste de Sanair. Ils disposent en autre de
la même voiture que l'an passé, ce qui pourrait fort bien jouer en leur
faveur et leur permettre de créer une surprise. Les chances de Claude Aubin
ne sont pas non plus à négliger car il disposera également d'une voiture
neuve. Même si par le passé il a mal été servi par la chance, il serait
toutefois bon de le tenir à l'œil. Sur l'ensemble du plateau, une quinzaine
de voitures peuvent créer la surprise, surtout si l'on considère que cette
première épreuve sera de 200 tours. Crois bien qu'en 200 tours bien des
choses peuvent se produire. Te méfies-tu d'un pilote en particulier ? JPC: Dave Dion qui se trouve actuellement aux U.S.A. est peut-être le
pilote donc je me méfie le plus. Il a déjà gagné deux épreuves sur trois dans
notre circuit et il est le plus compétitif à l'heure actuelle. Il connaît fort bien la piste de Sanair et je suis certain que sa voiture sera fin
prête. Même s'il n'a pas encore gagné à Sanair, je suis d'avance certain que
ses chances seront fortes. Lorsque tu participes à une épreuve de stock-car à Sanair, une foule
de tes admirateurs se manifeste tout au long de la course. Leur présence et
leurs encouragement ont-ils une influence sur ton comportement ? JPC: À Sanair je suis chez moi ma résidence n'est qu'à treize milles
de la piste. Je dois reconnaître que je ne suis pas insensible aux
encouragements de mes supporteurs. J'ai eu en outre l'occasion de pratiquer
très souvent à cet endroit, et je connais ce circuit dans ses moindres
détails. Mes chances de remporter une épreuve à Sanair sont certes meilleures
que sur un autre complexe routier. En ce qui concerne ton nouveau commanditaire penses-tu que la Cie de
pneus Supra de par l'apport financiers, contribuera largement à tes succès en
piste cette année ? JPC: Sans aucun doute. Si tu te souviens bien, nous n'avions pas l'an
passé les moyens de subvenir aux besoins et aux exigences de la compétition de
stock-car. Nous avons donc suivi le peloton, sans toutefois en prendre
vraiment le commandement. Cette année, grâce à Supra, nous n'avons pas
de problèmes d'argent, ce qui arrange en fait beaucoup de choses. De plus,
les dirigeants de Supra nous aident beaucoup et sont constamment disponibles.
C'est sans aucun doute le meilleur commanditaire que j'ai eu dans ma
carrière. Ils sont également des experts en pneumatiques et leur aide m'est
des plus précieuses. Jocelyn Tremblay est une nouvelle recrue dans ton équipe, pourrais-tu
nous le présenter ? JPC: Jocelyn est très doué pour le stock-car. Nous l'avons donc fait
venir du Lac Saint-Jean, région où il est champion. Il est de plus un
excellent mécanicien, même s'il est électricien de métier. Il est capable
d'entretenir et de régler une voiture et n'est pas, comme on a coutume de
dire, une "tête enflée". Il ne cherche pas de records car il sait
que cela ne rapporte en fait rien. Il a vraiment la tête sur les épaules et
nous lui ferons confiance cette saison. Peut-être deviendra-t-il le pilote de
l'équipe. Et tes mécaniciens ? JPC: Je pense que je dispose de la meilleure équipe de mécaniciens
possible. Lorsque l'on dispose du même mécanicien depuis dix-sept ans, il est
inutile d'en dire d’avantage sur sa compétence et sur son honnêteté. Les
autres membres de cette équipe ne changent pas très souvent non plus, la
dernière entrée s'est effectuée il y a cinq ou six ans je crois. Une équipe
saine et unie est le meilleur support qu'un pilote puisse avoir. Je sais que
je peux vraiment compter sur eux et, ils ne m'ont jamais décu. Lorsque nous parlions de Jocelyn Tremblay tout à l'heure, tu as
mentionné qu'il pourrait devenir le pilote de l'équipe. Doit-on en déduire ou
plutôt supposer, que Jean-Paul Cabana songe à sa retraite ? JPC: Cette hypothèse est toujours possible, un coureur doit toujours
un moment donné envisager son retrait. D'autre part, tout le monde sait que
ma nouvelle position au sein de la Coopérative Fédérée occupe une grande
partie de mon temps. De toute façon, lorsque je me retirerai, l'équipe
Jean-Paul Cabana restera et peut-être que Jocelyn me remplacera. Jean-Paul, je te remercie pour cette entrevue, j'espère que tu auras
la saison que tu espères, et au nom de tous tes suppporteurs, je te souhaite
bonne chance. Interview recueillie par Philippe Dacier. Source : Christian ‘Ti-Gaz’ Genest Provenant de
Stock-Car Québec – Val-Bélair |