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La réussite sportive de 1964: le Circuit St-Jovite-Mont-Tremblant. Le 13 septembre dernier, de 35,000 à 40,000 personnes
envahissaient la région de St-Jovite-Mont-Tremblant dans les Laurentides pour
assister à un événement sportif...nouveau genre pour la plupart d'entre
elles. C'était possiblement le plus grand nombre de spectateurs à jamais
avoir payé le prix d'admission à une épreuve sportive au Québec et peut-être
même au Canada. C'était environ le double total que les organisateurs avaient
eux-mêmes prévu et sans doute dix fois plus que ne s'y attendaient les
autorités policières provinciales de la route qui, par la suite, devaient
affirmer qu'elles avaient eu à faire face au pire emboutaillage depuis
certains spectacles aériens sur la rive-sud. Ce qui est certain c'est que du jour au lendemain les courses
automobiles devenaient dans l'opinion de nombreux observateurs l'un des
sports aux possibilités d'avenir extraordinaires chez-nous, que St-Jovite-Mont-Tremblant,
déjà réputée parmi les amateurs de ski et de pêche, se créaient une renommée
internationale et que le Québec sportif venait de se doter d'un nouveau grand
centre d'attractions. Et pourtant tout ceci a bien failli ne pas se produire. Il a
fallu la persévérance inébranlable d'un citoyen de St-Jovite, son fier esprit
civique, son refus obstiné de se laisser abattre par l'indifférence de deux
qu'il tentait de convertir à son idée et d'intéresser financièrement à ce
projet. Mais laissons John W.Ross, vice-président et directeur des courses du
Montréal Motor Racing Club Inc., nous raconter les événements qui ont conduit
à la construction dans nos Laurentides de cette piste de course pour
autos-sport vers laquelle convergeait cette multitude de l'automne dernier. C'est il y a onze ans, que le club était fondé, nous
apprenait-il à l'occasion du diner-dansant annuel et de la distribution des
trophées, hier soir. Il avait été créé par un groupe d'enthousiasme de cette
discipline désireux de promouvoir les courses d'autos-sport dans l'est du
pays. Ils étaient environ 200. Après avoir formé les cadres du club, il fut décidé de louer un
ancien aéroport à St-Eugène, en dedans de quelques milles des frontières de
l'Ontario, pour le convertir en piste de course. Ce fut en premier lieu un
terrain de pratique, d'essai, puis d'épreuves sans spectateurs. Ce dernier détail n'était pas pour chagriner
les conducteurs qui, prétend-on, se concentrent tellement au pilotage de leurs voitures qu'ils sont indifférents à la présence de
gens pour les voir à l'oeuvre. Celui qui se plait à conduire sous les yeux de simples badauds
n'est pas à véritablement parler un conducteur d'auto-sport. "Vous ne
naissez pas conducteur de voitures-sport, vous le devenez en l'apprenant sous
la direction de spécialistes", nous a-t-on bien souligné. Vint un moment cependant où le club se trouva dans
l'alternative de faire des améliorations majeures à la piste de
St-Eugène ce qui le placait en face du problème d'acheter un terrain car
aucun des officiels n'était prêt à dépenser une aussi forte somme sans se
porter acquéreur de l'emplacement. Depuis quelques années déjà, un citoyen de St-Jovite s'était
vivement intéressé aux courses d'autos-sport. Sa présence aux courses, ses
conversations avec les conducteurs et les membres du Montréal Motor Racing
Club Inc. allaient bien au-delà toutefois de la simple curiosité du sportif
ordinaire ou de l'homme qui se plait à fréquenter les athlètes. Il avait envisagé la possibilité que ce sport fascinant se
déroule dans cette région de St-Jovite dont il est si fier. Il avait parlé de
la chose à quelques officiels du MMRC. Il avait cherché également à éveiller
l'intérêt de quelques commercants et hommes d'affaires de la place. LÉO SAMSON, L'HOMME-CLÉ DU PROJET. Cet homme était Léo Samson. En 1961, ses efforts échouèrent. En
1962, ils furent également infructueux. En 1963, il essuya encore un non.
Mais il n'abandonnait pas l'idée pour cela. Entre temps, il avait réussi à
amener un autre citoyen des Laurentides, M. Maurice Paquin, à partager son
intérêt pour le projet, à voir les immenses bénéfices dont pourrait en
retirer toute la région. "Puis, un jour,nous dit John Ross, je me vis dans l'alternative
de le mettre en face d'un ultimatum. Parce que nous devions nous-mêmes
prendre une décision à St-Eugène, j'informai mon ami Léo Samson que si d'ici
dix jours, il ne pouvait me garantir de trouver $50,000 pour mettre dans la
construction d'une piste à St-Jovite-Mont-Tremblant, nous allions acheter
celle de St-Eugène. J'étais convaincu à ce moment que c'était cause perdue. Mais
Samson méritait de savoir où nous en étions. Un, deux, trois, quatre jours se
passèrent sans aucune nouvelle. Ce fut un silence complet pendant les autres
jours qui suivirent. Subitement, le soir du dixième jour, je recus un appel
téléphonique de Samson qui me déclarait qu'il avait obtenu les $50,000
nécessaires. Je dois avouer que j'étais très incrédule lorsque je raccrochai
l'appareil téléphonique. Mais je téléphonai tout de même à quelques autres officiels du
club et nous décidâmes de nous rendre à St-Jovite dès ce même soir. "En
vérité, à notre arrivée, nous apprîmes que cinquante citoyens de St-Jovite-Mont-
Tremblant avaient accepté de garantir chacun la somme de $1,000 pour la
construction d'une piste dans la région". LE RÉSUTAT A ÉTÉ FANTASTIQUE. Le reste, on devine sans doute. Ce fut la formation de ce qu'on
appelle le Circuit Mont-Tremblant-St-Jovite, la création des plans de la
piste, le début des travaux et l'achèvement de ceux-ci quelques mois
seulement plus tard. Il y a un délai que Ross désire nous signaler: celui de
la préparation des plans pour l'aménagement de la piste elle-même. Il déclare
qu'on demanda à tous ceux invités à cette réunion de s'oublier, d'éliminer
tous les motifs personnels qui pourraient les amener à vouloir que la piste
soit d'une telle manière plutôt que de telle autre. Un seul but devait nous
animer: celui de créer le genre de piste le plus susceptible d'aider au sport
que nous aimions tellement. Le résutat, nous déclare-t-il a été fantastique". Déjà,
les résultats de la première année ont été tellement encourageants que les membres
de l'organisation ont décidé d'agrandir la piste de 1.5 mille à 2.5. Des routes
conduisant à la piste seront recouvertes d'une surface qui éliminera la poussière,
d'autres chemins secondaires dans la région seront également améliorés pour
parfaire les conditions de la circulation lors des réunions de l'été
prochain. Le mois prochain, une délégation se rendra à Québec demander au gouvernement
provincial de prolonger l'autoroute des Laurentides jusqu'à St-Jovite. La piste n'est veille d'un an que déjà son histoire est
extraordinaire. Par: Marcel Desjardins,
La Presse, Samedi, 23 janvier 1965 Source : Christian ‘Ti-Gaz’ Genest |