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Historique du Circuit Mont-Tremblant. Le circuit Mont-Tremblant de sa fondation à 1970. '64 L'étincelle qui allume un feu de joie. "La Labatt 50 marque le début
d'une ère nouvelle au Québec. Les courses d'Autos Sport". Voilà ce que
titrait le journal spécialisé"Compétition Express" au lendemain de
la première course présentée au Circuit du Mont-Tremblant-St-Jovite, le 3
août 1964. Et de continuer la publication: "Ils sont arrivés comme
ca, par petits groupes de dix, de cinquante, de cent et de mille; ils sont
venus à pied, par train, en autobus, en voiture et même par les airs. Ils
sont venus de partout se rassembler près d'un parcours asphalté de 1.6 mille.
Une bonne odeur d'huile végétale leur est montée au visage et dans leur tête
bourdonnaient un ronflement de moteurs exotiques. Subitement, on faisait la découverte d'un monde nouveau,
bruyant mais harmonieux, l'automobile sport. "Ainsi, ils étaient 10,000,
20,000, 30,000 peut-être - on n'a jamais su – qui venaient assister à la
première épreuve sur le nouveau et unique circuit au Québec. Sur les prés
verts, dans les sous-bois ou gradins naturels, à l'abri d'une tente ou juchée
sur des toits d'autos et de camions, la foule a vécu ces premiers instants au
rythme des moteurs de 150 monstres lancés dans l'arène de macadam". Un véritable festival de vitesse, comprenant huit courses en
deux jours. Au volant de l'ancienne Whitton-Chevrolet de Jacques Couture, le
novice George Pepper d'Ottawa prend le tout premier drapeau à damiers dans la
journée de samedi. Le lendemain, ce même Pepper prenait une troisième place
derrière Russell Murry dans une Stebro ayant appartenu à Peter Broeker – son constructeur
- et derrière le gagnant, Charles Kelly de Toronto sur Astur. Les hostilités pour conducteurs possédant un brevet national
s'ouvrent par une victore d'Al Pease dans la MG-B noire largement modifiée
après une bousculade en règle avec une Lotus Elan condite par le Montréalais
George Brocklehurst. Puis, un autre flot de voitures, les grosses cylindrées
cette fois: Rudy Bartling dans une Porsche RS-61 vient s'imposer devant Jean
Ouellet de Rimouski, aux commandes d'une Cobra à moteur Ford 289 achetée du
Comstock Racing Team. Déjà, cette voiture possède une riche histoire
puisqu'avant de passer dans les mains d'Eppie Wietzes, Carroll Sherby avait
inscrit le roadster dans les "24 Heures du Mans". Ses propriétaires
seront ensuite Guy Lafleur, Jean-Paul Ostiguy et Michel Tremblay, mais André
Samson deviendra le pilote qui la fera courir le plus rapidement au Circuit. La première course pour sedans au Circuit promettait un duel
entre Ford-Falcon de Jerry Polivka et la Cooper du Torontois Pease. 4,727cc
versus 1.275cc. Pendant huit tours de piste, les spectateurs sont tenus en
haleine par les performances de Polivka sans cesse harcelé par Pease. Ce
dernier profite d'un dérapage de la Falcon pour se glisser subrepticement en
tête et précéder, à l'arrière, la Hillman-Minx de l'ancien champion canadien,
Francis Bradley. L'épreuve finale - le clou du week-end, 32 tours pour 50
milles, devait être l'affaire du Germano-Canadien Ludwig Heimrath dans un
groupe 7 de type Cooper-Ford 289. Ce fût en effet un jeu d'enfant pour
Heimrath de conduire devant le peloton mené par Bartling, Ouellet, Pease, Paul
Muir dans une Lola-Climax, Ross de St-Croix dans une MG-B rutilante
commanditée par Cooke-Toledo. Si la construction du Circuit Mont-Tremblant n'avait pris que
huit mois, les conducteurs ont quand même eu le temps d'user leur patience.
Aussi, malgré un début de saison tardif, allait-on assister à six courses au
Circuit. Avant la Player's Québec, le Montréal Motor Racing Club offre à ses
membres le "Clubman's Day Races" qui sera suivi, après la Player's,
par des courses du Club Auto Sport Métropolitain, d'épreuves pour le trophée
Pepsi-Cola et d'une fermeture confiée à l'Association des Coureurs Automobile
de Montréal. Pour la première Player's Québec, Imperial Tobacco invite le
belge Olivier Gendebien, vainqueur d'une multitude d'épreuves d'endurance, à
titre de préposé honoraire au départ. Mais, les quelque 35,000 spectateurs
viennent surtout pour voir à l'oeuvre le pilote mexicain de réputation
internationale, Pedro Rodriguez, qui doit conduire une Ferrari 3.3 litres de
Luigi Chinetti. Des voitures du même genre avaient pris les trois premières
places aux "24 Heures du Mans",cette année-là. En connaisseur, Gendebien ne pouvait honnêtement que prévoir
une victoire de Rodriguez pour qui le meilleur temps de une minute, 19
secondes réalisé par Heimrath lors de la Labatt 50 ne devrait pas tenir
longtemps. Outre Rodriguez, Heimrath, Barling, Ouellet et Muir, la liste
d'inscriptions comprend les noms de Dave Greenblatt (Corvette), George
Chapman (Champan Spécial), Vic Yachuk (Lotus 23), Hugh Dixon (Jaguar D),
Jacques Duval (Porsche Carrera), Wayne Kelly (Kelly Porsche), Phil Seitz
(Elva Mk6), Louis Donolo (Merlyn) et Nat Adams (Lotus 23). Le Circuit s'étais fait une beauté avec son pont Labatt, sa
tour de contrôle BP, son paddock cimenté et ses postes de ravitaillement. La
foule délirante fit dire à Gendebien: "Ici, une course n'est que
l'étincelle qui allume un feu de joie. On pourrait comparer les courses de
chez vous à un carnet d'opérette dont on ne justifie l'existence que par les
chansons qu'il présente". Était-ce un compliment...? Peu de gens
posèrent la question trop préoccupés qu'ils étaient à voir filer les bolides. Bien que Rodriguez ait obtenu le meilleur temps de
qualification, Heimrath le distance au départ et ne veut rien entendre de la
réputation internationale de l'autre. Mais au 12e des 40 tours, des dérapages
de Duval et Dixon, qui se voient enlever un tour, provoquent une sortie de
piste de la part d'Heimrath. Au grand étonnement de la foule, Rodriguez se
fait enlever le premier rang par Yachuk dans le virage en épingle à cheveux
(le dernier avant la ligne droite en face de la tour BP). Et on se demande encore si la Ferrari aurait pu remonter n'eut
été un bris du moteur. Ford dans la Lotus de Yachuk, un résident de
Port Crédit en Ontario. Rodriguez était venu pour faire la loi et, somme
toute, les largesses de ses concurrents servent à lui donner la victoire sur
un plateau d'argent. Heimrath, au meilleur de sa condition, rattrape le
peloton pour filer vers la deuxième place en avant de Lerch, Kelly et
Bartling. Heimrath et le Mexicain revendique la nouvelle marque de 1:16.6. Des gains de John Sambrook sur la Lotus Seven, Jean Ouellet, Ian
McAuley sur Astur et Paul Cooke sur Mustang lors des épreuves préliminaires
alimentent également les conversations pendant le long retour sur des routes
achalandées à tout jamais. L'Association de Pepsi-Cola avec la course automobile ne sera
que top courte durée et aura commencé timidement un 18 octobre 1964. Une
bourse minime de $500 pour l'épreuve principale n'est pas suffisante
pour attirer les pilotes d'outre-frontière. Seul nouveau visage, l'Américain
Norm Evenden (sur Cooper Chevrolet) vient s'inscrire devant les locaux parmi
lesquelles Heimrath dans la Porsche RS-61 de Rudy Bartling. Heimrath n'aura que peu de difficulté à conserver le premier
rang tout au long de l'épreuve. Greenblatt, dans sa Corvette spéciale, prend
de peine et de misère, la 2ème place devant Pease. Un récit si bref ne peut
raconter toutes les batailles, toutes les joies devant la besonge accomplie,
devant la réussite et la perspective d'un avenir glorieux et sans ombrage
(comment prévoir les difficultés prêtes à surgir ? ). Les grandes lignes de cette première saison suffisent toutefois
à faire comprendre que le Circuit Mont- Tremblant et le sport automobile
entraient dans le folklore québécois. Par: Pierre Luc. Source : Christian ‘Ti-Gaz’ Genest Provenant du
livre RPM édité par Pierre Luc en 1971 |