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PROVENANT DU LIVRE R.P.M.
de Pierre-Luc en 1971.
(sauf la
photo)
"Le
stock-car Québécois : vingt ans de "Tiraillages".
Le tout aura débuté au Parc Richelieu de
Pointe-aux-Trembles. Un groupe de "mordus" s'y réunissent dans le
but premier de s'amuser. Il
s'agit d'un tracé en terre battue d'où la poussière s'envole au point que les
spectateurs et compétiteurs n'y voient rien. Cependant
on s'amuse. C'était l'important à l'époque.
(cliquez pour
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Source :
Le Québec en images
Par la suite, les chevaux envahissent
la place et l'action se déplace vers la piste Bouvrette de Saint-Jérôme et
vers Drummondville. Les Gilles Brochu, Richard Foley, Albert Emond, Frank Hodge et George Loiselle débutent. On retrouve toujours
aussi régulièrement ces noms-là dans les chroniques du
stock-car.
Les spectateurs se dirigent en
abondance d'abord vers la piste Bouvrette. Les accidents s'y font nombreux au
grand plaisir de la foule. Déjà le stock-car s'engage sur la mauvaise voie,
celle des accrochages spectaculaires qui n'ont rien à voir avec l'adresse au
volant.
Le modernisme prend la forme d'un
circuit asphalté à Duvernay-Est où existe toujours le " Riverside".
Le promoteur Richard Foley senior prend soin de s'associer avec le National
Association for Stock Car Auto Racing (NASCAR), ce qui lui permet d'organiser,
au début des années 60, plusieurs épreuves d'envergure. Entre autres, on
assiste à un Grand National inscrit au calendrier de NASCAR pour le
championnat de la classe "dernier modèle". Pour cette course,
plusieurs champions tel que Buddy Baker se déplacent pour livrer bataille à nos
"locaux". Disons qu'à cette époque, les Brochu et Foley Jr. étaient
à leur apogée.
La situation idéale se détériore aussi
rapidement que le tracé. De plus, le promoteur ne s'entend pas tellement bien
avec les officiels de NASCAR qui demandent entre autres choses, des bourses plus
substantielles.
Les gens du Riverside choisissent donc
de voler de leurs propres ailes. Naquirent les guerres de clans, dont
certains allaient jouir de la bienveillance d'officiels locaux. Grèves et
bagarres se déroulent devant les estrades remplies à capacité. Le Riverside
étant la seule piste du genre dans la région de Montréal, conducteurs et propriétaires
peuvent bien protester et se révolter,
ils y reviendront quand même.
La promotion du stock-car a toujours
intéressé nombre de personnes. A preuve, les pistes qui s'ouvrent
régulièrement chaque années en province.Anatole Lavoie, un mordu de ce sport,
tente sa chance à Fabreville en construisant un ovale d'un tiers de mille,
asphalté aussi. Une sortie de l’autoroute du Nord à moins d'un mille de
l'endroit, des gradins fraîchement construits et une installation plus
moderne et des bourses considérées comme alléchantes allaient s'avérer des
atouts convainquants pour attirer pilotes et spectateurs.
Les propriétaires des deux pistes, le
Riverside et le "Fury", établissent d'abord un calendrier...qui fût
vite oublié par l'un ou par l'autre. Mais les deux spectacles hebdomadaires
du Fury gagnent en popularité.
Face à cette concurrence les gens du
Riverside entreprennent alors de présenter des spectacles de démolition et
des courses dites "chiffre huit" au cours desquelles les
concurrents cherchent plutôt à se démolir qu`à conserver leur voiture intacte.
C'était dégrader le sport automobile mais les chiffres d'assistance sont là
pour nous prouver que le public en raffolait.
En 1965, la chance se met du côté de Richard
Foley du Riverside quand les résidents de Fabreville signent une pétition
demandant le retrait du permis d'opération de la piste Fury sous prétexte qu'elle
est située dans une zone domiciliaire. Après plusieurs rencontres du conseil
de ville, les résidents obtiennent gain de cause et le stock-car prend un
coup dont il mettra plusieurs années à se remettre.
Pendant ce temps, on améliore
graduellement les tracés de terre battue en y répandant d'abord de l'huile
afin d'éliminer une trop grande poussière. Les promoteurs de Granby et de
Drummondville accentuent leur offensive en augmentant le montant des bourses.
Ce qui a pour effet de ramener les Frank Hodge, pilote du "Lucky
7", Gilles DuTilly, fort populaire à Fabreville avec son "80"
et Jean-Paul Hamel.
Quelques autres retournent au
Riverside, tandis que Jean-Paul Cabana, André Manny, Hamel, Chartrand et
Denis Giroux préfèrent aller courir à Plattsburgh où ils se gagnent vite de
nombreux partisans.
L'exode des pilotes et amateurs vers
les U.S.A. n'était pas pour impressionner Anatole Lavoie qui va ouvrir une
autre piste, à Saint- Eustache, cette fois. Le tracé en forme de cercle
ne plaît pas aux pilotes car il est très difficile d`y dépasser ceux qui ont
obtenu le privilège de partir en tête. D'un côté comme de l'autre de la
clôture on boude ce nouveau circuit et Lavoie encaisse des pertes
considérables avant de fermer temporairement les portes.
Nous voilà rendus en 1968, année
annonciatrice de chambardements dans le stock-car qui voit la naissance de
trois associations, toutes aussi avides l'une que l'autre : le LMARA (Late
Model Auto Racing Association), pour la région de Québec, le NRCA (National
Racing Circuit Association), pour Riverside et le IARA (International
Automobile Racing Association), pour les derniers mois de Saint-Eustache.
Dans la région de Québec, les amateurs
sont choyés grâce aux pistes Québec Modern Speedway de Val Saint-Michel et
Autodrome de Sainte-Thérèse. Ce sont là les plus beaux tracés du Québec.
Mais les pilotes ne savent plus où
donner la tête. Leur voiture, reconnue légale à un endroit, risque d'être
refusée ailleurs. On fonctionne à coups de compromis, de promesses et de
chantage. Surgit quand même le projet d'un complexe plus vaste et plus
complet à Saint-Eustache, complexe qui comprendrait un ovale de 4/10 de mille
et une ligne droite d'un quart de mille pour des courses d'accélération. Les
éléments de bonne foi songent encore à se regrouper.
Au cours de l'hiver 1968-69, les
réunions succédent aux réunions et on apporte une solution, celle de grouper
les associations en un seul organiste qui porterait le nom de NASCAR-QUEBEC.
Effrayés par les idées
"révolutionnaires" mises de l'avant, les esprits conservateurs font
valoir l'opinion que la qualité ne peut prévaloir sur le nombre et qu'une
catégorie "dernier modèle" trop avancée ne recevrait pas l'appui
des propriétaires de voitures. La promesse de bourses plus élevées a pourtant
raison des plus obstinés.
Et quelle n'est pas la surprise des
observateurs au début de la saison 1969 de voir apparaître sur nos pistes des
Camaro, Mustang et Chevelle de l'année. On a pris soin de l'apparence des carroseries,
les bourses ont effectivement été haussées et les dirigeants de NASCAR-QUEBEC
semblent prendre la chose au sérieux.
L'optimisme règne à un tel point que le
promoteur du "Mont-Carmel" de Shawinigan accorde sa confiance à la
nouvelle organisation. Puis, André Beaudry et Albert Emond font revivre de ses
cendres le St.Paul Speedway dans la région de Saint-Paul l'Ermite. Devant de
telles réponses, on promouvoit des championnats pour chaque piste et une
série provinciale.
Fait surprenant, cependant les
dirigeants du circuit des Deux-Montagnes, nouveau nom donné à la piste de
Saint-Eustache, préfèrent opérer en marge de NASCAR. Pour forcer la note, ils
annoncent une levée de rideau sans pareille avec pour vedette les bolides de
NASCAR-USA. Près de 6,000 personnes accourent pour voir ces bolides en
action. Le terrain de stationnement ne peut suffire, la route est bloquée sur
des milles et les promoteurs crient victoire.
Une heure passe sans qu'aucune voiture
n'entre en piste. Les Américains, qui devaient être les héros de la fête,
brillent par leur absence et on est forcé de contremander le programme. En un
sens, c'est une victoire morale pour NASCAR-QUEBEC.
Au Riverside, malgré les voitures plus
attrayantes, un phénomène irréversible commence à faire sentir ses effets. Le
public, gâté par les installations plus confortables des autres sports
professionnels, se sent moins à l'aise dans le vieillot complexe.
Le public de la Vieille Capitale reste
toutefois fidèle aux pistes des environs. En fin de saison 69, les gens
viendront de partout, en nombre de 10,000 pour assister à un 200 tours réunissant
les meilleurs pilotes et les meilleures voitures du Québec. Programme précurseur
d'une saison 1970 fructueuse en projet de toutes sortes. Et, tandis qu'au Riverside
le changement se fait toujours attendre, on demeure fort actif dans la région
de Québec.
En septembre 1970, André Beaudry se
remet courageusement à l'oeuvre et trace les plans d'une fin de semaine sans
pareille qui portera le nom de "Montréal 300". Malgré la situation financière
précaire du circuit Deux-Montagnes, il décide de louer la piste pour la
présentation de ce programme.
Jamais au Québec, une course de stock-car
n'aura provoqué une publicité si abondante. Une bourse minimale de $5 000 va
intéresser les pilotes canadiens et américains.
La remise de l'événement du 4 au 11
octobre, une température froide de 50 degrés et les évènements politiques qui
bouleversent le Québec à ce moment ne sont pas pour inviter les spectateurs
qui viennent tout de même en nombre de 4,000 et plus. Pendant que le
vainqueur de l'épreuve, Camille Paquin des Trois-Rivières, savoure la plus importante
victoire de sa carrière, le promoteur André Beaudry fait les comptes qui
relèvent un déficit de plusieurs milliers de dollars. Mais Beaudry affirme
qu'il récidivera en 1971. En supposant qu'il ait tenu sa parole, le stock-car
québécois aura subi un rattrapage d'une dizaine d'années.
Sur terre comme sur asphalte, le
stock-car montre un besoin urgent de restructuration de ses cadres, d'une
uniformisation de ses règlements et surtout, le besoin pressant de se faire
une beauté".
Source : Christian ‘Ti-Gaz’
Genest
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