Texte de Jacques Rainville sur le stock-car à Québec :

(date inconnue)

 

" Depuis la défunte piste de terre battue de Sainte-Monique-des-Saules dans les années 47 à 52, le monde si controversé du stock-car a fait du chemin dans notre région. Ces débuts qui ont permis de voir à l'oeuvre les Giroux, Labbé, Lapointe, Chevalier, Charron, Létourneau et autres, ont été suivis d'une période de relâche précédant la construction de l'Autodrome Sainte-Thérèse vers 58.

 

Cette dernière a vu la naissance d'une deuxième génération de pilotes dont plusieurs ont persisté jusqu'à nos jours. Ces pionniers ont dû s'adapter à l'époque à bien des changements et situations difficiles. Ils ont connus l'ére des "coupés" qui évoluaient dans la poussière pour ensuite s'engager sur surface pavée lors de l'ouverture du Québec Modern Speedway (1/3 mille) en 1960.

 

Par la suite, ils ont fait face à l'évolution dans la construction des voitures,soit la disparition du "coupé modifié" en faveur du véritable "Late Model" (modèle récent). Ces problèmes d'ordr technique ont été aggravés à certains moments par des querelles entre les deux pistes surtout lors du pavage de Sainte-Thérèse en 65, ce qui la rendait apte à recevoir elle aussi les voitures de course plus modernes.

 

A la fin de 68, tous ces problèmes furent  résolus lorsque ces deux centres de stock-car passèrent aux mains du même propriétaire,soit les Gestions Valdrome Inc. Par la suite on s'engagea ferme vers la présentation de programme plus professionnels, surtout avec l'événement de NASCAR-QUEBEC qui impose une réglementation plus sévère. Les Québécois passèrent donc par beaucoup d'épreuves; cela explique peut-être pourquoi depuis deux ans bon nombre de pilotes de chez nous possèdent de très belles voitures qui sont en plus, hautement compétitives. Je pense ici à Marcel Corriveau, Serge Giguère et Philippe Paré qui ont fait preuve de capacités supérieures sur piste ovale.

 

Il faut dire que l'Autodrome Sainte-Thérèse, longue d'un demi-mille, autorise des vitesses très élevées si on la compare avec les "tiers de mille" que l'on rencontre un peu partout au Québec. De plus cet anneau de vitesse est entièrement ceinturé d'un mûr de ciment qui ne pardonne pas à 100mph. La ville de Québec compte aussi à son crédit un championnat annuel de 200 tours qui demeure la plus imporante épreuve au Québec grâce à des bourses totalisant 10,000 dollars. Cette course de longue haleine recoit des compétiteurs de toute la province,de l'Ontario et des Etats-Unis.

 

Québec a aussi produit des pilotes qui ont fait leur marque dans le circuit NASCAR (USA) pour voitures modifiées, dont Denis Giroux. Giroux oeuvre maintenant sur les pistes du nord-est américain et il n'est pas rare de la voir sur les ovales d'un mille et plus lors des championnats spéciaux. Malheureusement, il est difficile d'injecter du sang nouveau dans ce sport assez rude qui requiert de nos jours des investissements substantiels.

 

Quoi qu'il en soit,le stock-car semble sur la bonne voie puisqu'on ne se limite plus aux courses d'intérêt local. La saison dernière a connu un fonctionnement au niveau provincial, ce qui a rendu la compétiton beaucoup plus serrée. Une trentaine de novices ont aussi lutté à plein gaz cet été afin d'arriver à se tailler une place au sein de la classe professionnelle. Tous les visiteurs étrangers sont unanimes à affirmer que le Québec est doté des plus belles pistes de stock-car du nord-est américain.

 

L'activité fébrile dans le monde du sport automobile ne se limite pas à Vieille Capitale. La région du Saguenay-Lac-St-Jean est aussi en effervescence. D'autre-part, des observateurs ont noté que l'isolement des grands centres de course permet le développement du stock-car local. La région du Saguenay est en effet dotée de deux pistes ovales alors que la rive-sud de Rivière-du-Loup jusqu'à Matane, n'en compte pas moins de trois. La Beauce est aussi une autre région pas tellement choyée en fait de compétition, à l'exception de quelques pistes de stock-car en terre battue.

 

Au stock-car, Marcel Corriveau sur Camaro a été sans contredit le pilote le plus dangereux et le plus craint sur toutes les pistes du Québec".

 

Source : Christian ‘Ti-Gaz’ Genest